Retrouvez tous nos articles dans le magazine mensuel Monnaie Magazine, disponible en kiosques.

PIÈCES "CHUTE DU MUR DE BERLIN" 30ÈME ANNIVERSAIRE 2€ COMMÉMORATIVE -

Le 18 juillet 2019

rédaction Monnaie Magazine ©

Il y a 30 ans... le Mur de Berlin tombait, voici la future pièce de monnaie commémorant les 30 ans de la chute du mur.

© François BLANCHET – Alain ARCHAMBAUD

En 2019 la France émet une pièce de 2 € commémorative en partenariat avec l’Allemagne.

Le gouvernement fédéral allemand a également décidé de proposer une pièce de monnaie commémorant le 30ème anniversaire de la Chute du Mur de Berlin. Le 9 novembre 2019, nous célèbrerons les 30 ans du début du processus de réunification entre Allemagne de l’Est et Allemagne de l’Ouest, permettant aux allemands de l’Est de retrouver la liberté et la démocratie.

La Chute du Mur a donc mis fin à la division de l’Allemagne mais a également eu un rayonnement politique et humain à l’échelle européenne voire mondiale.

La pièce allemande propose un design tiré du dessin de la 2€ commémorative pour les 30 ans de la Chute du Mur de Berlin de la Monnaie de Paris. Le visuel de Joaquin Jimenez, directeur artistique de la Monnaie de Paris est mis à l’honneur. Seules différences entre les deux coupures : le code du pays, les poinçons de gravure, ainsi que l’élément de texte. Sur la monnaie allemande, « 30 ans de la Chute du Mur de Berlin » n’est écrit qu’en allemand.

Le Ministère des Finances allemand prévoit un lancement commercial le 10 octobre 2019 et compte mettre en circulation 30 millions de pièces.

A découvrir sur la face de la 2 € commémorative « Mur de Berlin 2019 »

Représentation d’un pan du mur de Berlin qui chute. Ouverture sur une foule d’allemands ayant les bras levés. Trois colombes symbolisant la paix volent au-dessus de cette foule. Sur la gauche de la pièce, est écrit sur un pan du mur qui reste encore debout : « 30 ans de la Chute du Mur – 30 Jahre Mauerfall ». A droite, le graffiti est inspiré de la fresque « Worlds People » de Schamil Gimajev, de la « East Side Gallery »,

Le 9 novembre 1989, le Mur de Berlin tombait, sous les caméras de télévision du monde entier. Un bref retour en arrière est nécessaire... Après la Seconde Guerre Mondiale, l’Allemagne entière est occupée. Les régions de l’ouest par les Américains, les Britanniques et les Français qui les partagent en trois secteurs, tandis que les régions de l’Est sont occupées par les Soviétiques. Le 23 mai 1949, les trois secteurs occidentaux (excepté la Sarre) sont unis pour créer la République Fédérale d’Allemagne (RFA, Allemagne de l’Ouest) tandis que le secteur soviétique devient, le 7 octobre suivant, la République Démocratique Allemande (RDA, Allemagne de l’Est).

Le Mur de la Honte

Quelques années plus tard, en 1961, un mur est érigé entre Berlin-Est et Berlin-Ouest afin d’enrayer la forte émigration des Allemands de l’Est vers la RFA. C’est le Mur de Berlin, surnommé Mur de la Honte. En 1989, la RDA relâche sa politique du passage vers l’Ouest entraînant un exode massif de ses citoyens vers la RFA, c’est en quelque sorte le début de la fin. De nombreuses manifestations suivent demandant la démocratisation du régime est-allemand, menant à la démission des principaux dirigeants en octobre suivie de la chute du Mur de Berlin, et des scènes de liesse interminables. La frontière entre les deux Allemagnes est ouverte permettant la libre circulation de tous les Allemands. Des familles sont enfin réunies après des décennies de séparation. Les élections est-allemandes de mars 1990 mettent au pouvoir un gouvernement de coalition qui favorise la réunification. Les Länder de Brandebourg, Mecklembourg Poméranie Occidentale, Saxe, Saxe-Anhalt et Thuringe sont reconstitués en juillet de la même année et avec le Land de Berlin, rejoignent la RFA L’unification des deux Allemagnes est proclamée le 3 Octobre 1990.

 

Les 45 années qui se sont écoulées entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et la réunification ont laissé une riche histoire numismatique. 

 

Monnaies d’occupation

 

Le premier changement qui a sûrement été remarqué par la population allemande est l’introduction de ce que l’on appelle communément la « monnaie d’occupation ». Il s’agit de billets, semblables à ceux utilisés en France après le Débarquement de Normandie.  Imprimés en 1944, ils ont un dessin fort simple et sont disponibles en huit coupures : ½, 1, 5, 10, 20, 50, 100 et 1000 marks. Les Alliés avaient déjà ces billets lorsqu’ils sont arrivés en Allemagne et n’ont pas hésité à les mettre en circulation. Mais, contrairement à ceux utilisés en France, il y a deux types distincts : ceux imprimés par les Alliés occidentaux et ceux imprimés par les Soviétiques. En effet, les Soviétiques n’ont jamais mis les pieds en France mais ce fut différent en Allemagne, et n’oublions pas que ce sont eux qui mirent tant de pression contre les Nazis sur le front de l’Est.

 

Pour ce qui est des pièces, seules de nouvelles pièces de 1 reichspfennig (1944-1946), 5 reichspfennig (1947-1948) et 10 reichspfennig (1945-1948) sont introduites, avec un nouvel avers qui montre une aigle sans la couronne et la croix gammée. En effet, toutes les pièces de ces dénominations frappées sous le IIIe Reich portent le symbole Nazi.  Toutefois, on retrouve des pièces de 50 reichspfennig, 1, 2 et 5 reichsmark, frappées sous le IIIe Reich sans le symbole Nazi. Ces nouvelles pièces de 1, 2 et 5 reichspfennig ne sont introduites que dans le secteur sous le contrôle des Alliés occidentaux.

 

Des monnaies propres aux territoires

 

Par la suite, on voit une migration au niveau des billets. Chaque secteur occupé (américain, britannique, français et soviétique) décide d’adopter ses propres règlements, et ses propres billets. Le Commandant du Secteur américain émet quatre séries de billets en Deutsch Mark en 1948 et 1949. Les billets des deux premières séries sont appelés « billets militaires spéciaux ». Ils ont la particularité de ne pas porter le nom de l’agence d’émission mais plutôt le mot anglais « Banknote » alors que la dénomination reste en allemand. La première série est de faction simple, semblable à la « monnaie d’occupation » mentionnée plus tôt et se compose de coupures de ½, 1, 2 et 5 Deutsch Mark (DM). La seconde série présente des dessins beaucoup plus complexes avec des représentations allégoriques et se compose de coupures de 10, 20, 50 et 100 DM.  Toutes deux sont émises en 1948. 

Vient ensuite, cette même année, une première série au nom de la Bank Deutscher Länder qui se compose de deux billets fort simples de 5 et 10 pfennig et de trois billets plus complexes de 5, 50 et 100 DM. Notez que les deux derniers ont été imprimés par la Banque de France.  Enfin, l’année suivante on ajoute des billets de 10 et 20 DM à cette série. Il est intéressant de noter que l’on peut retrouver n’importe quel billet en Deutsch Mark soit avec un cachet à l’encre représentant un B dans un cercle, soit avec un B perforé ce qui indique que le billet a circulé à Berlin-Ouest. Dans le Secteur britannique, les billets de 5, 20 et 50 reichsmark de la Reichskreditkassen (Caisse de crédit du Reich) sont acceptés à condition qu’ils portent le cachet de l’un des bureaux de la Reichsbank située dans le secteur. Ces billets sont rares aujourd’hui. Les Secteurs américain et britannique acceptent par la suite les billets de la RFA.

 

Pour ce qui est du Secteur français, trois émissions sont utilisées au fil des ans aux côtés des billets de la RFA. Les billets de la première émission, en 1947, sont fabriqués au nom du Trésor Français et sont disponibles en coupures de 5, 10, 50, 100 et 1000 francs. Les deux productions suivantes sont émises, quant à elles, au nom du Trésor Public. La seconde date de 1955 et comporte des coupures de 100, 1000 et 5000 francs et la dernière, en 1960, se compose de billets portant les dénominations surchargées de 5, 10 et 50 nouveaux francs. Enfin, le secteur soviétique identifie les billets acceptés grâce à des timbres autocollants semblables à des timbres-poste sur des billets allemands en Reichsmark et Rentenmark. Le timbre porte simplement un chiffre correspondant à la dénomination flanqué de tirets et sous lequel on retrouve le millésime 1948, le tout sur guillochis. La couleur du timbre varie selon la dénomination.

 

La République Démocratique Allemande : 139 pièces et 41 billets

 

La Deutsche Demokratische Republik, en allemand, est créée le 7 octobre 1949 à partir des Länder occupés par les Soviétiques. La première monnaie est millésimée 1948 et comprend des pièces de 1, 5 et 10 pfennig et des billets de 50 pfennig, 1, 2, 5, 10, 20, 50, 100 et 100 Deutsch Mark. En 1949 une pièce de 50 pfennig est introduite. Les pièces de 1 et 2 mark suivent respectivement en 1956 et 1957. Une nouvelle série de cinq billets est lancée en 1955 avec des coupures de 5, 10, 20, 50 et 100 marks puis à nouveau en 1964. Des pièces de 10 et 20 mark sont mises en circulation en 1966 et de 5 mark en 1968. Ces trois dénominations sont, en général, utilisées pour des pièces commémoratives de très belle facture. Les billets de 10 et 50 marks sont remplacés en 1971 et ceux de 5, 20 et 100 en 1975. Deux nouvelles coupures, 200 et 500 marks, sont mises en circulation en 1985. 

 

En 1979 une série de certificats de change en coupure de 50 pfennig, 1, 5, 10, 50, 100 et 500 mark est émise par Forum Außenhandelsgesellschaft M.B.H., une compagnie d’état d’import-export. Ces certificats sont émis aux visiteurs et ne peuvent être utilisés qu’à certains endroits. Le même type de papier-monnaie existe en Chine populaire.

 

Enfin, un billet commémoratif de 20 mark, millésimé du 22 décembre 1989 est émis en l’honneur de l’ouverture de la Porte de Brandebourg. Après l’unification, la monnaie est-allemande a cours jusqu’au 30 septembre 1991. Au total, une collection type complète de la RDA. Se compose donc de 139 pièces et de 41 billets. Les pièces et billets de cette collection restent abordables pour les collectionneurs, à part quelques pièces commémoratives et le billet commémoratif.

 

La République Fédérale d’Allemagne : 200 pièces et 50 billets

 

La Bundesrepublik Deutschland quant à elle, est créé le 23 mai 1949. La première monnaie émise est composée de pièces qui font en quelque sorte le pont entre l’occupation et l’indépendance puisqu’elles arborent le nom de la Bank Deutsche Länder. Il s’agit de pièces de 1 pfennig (millésimées 1948 et 1949), et de 5, 10 et 50 pfennig (millésimées 1949). Le nom de la Bundesrepublik Deutschland apparaît sur ces pièces dès 1950. Elles sont rejointes par des pièces de 2 pfennig et de 1 DM cette même année et par des pièces de 2 et 5 DM l’année suivante. La RFA commence son programme de pièces commémoratives, avec l’introduction d’une 5 DM dès 1952. Les collectionneurs thématiques seront ravis des nombreuses représentations variées de l’aigle allemande sur ces pièces. C’est au tour de la pièce de 2 DM de rejoindre les rangs des pièces commémoratives en 1957 avec la mise en circulation d’une pièce arborant le portrait de Max Planck, Prix Nobel de physique en 1918. Ce type sera émis jusqu’en 1971. D’autres types sont émis au fil des ans (les années d’émission sont indiquées entre parenthèses) : Konrad Adenaeur (1969-87), Theodor Heuss (1970-87), Kurt Schumacher (1979-83), Ludwig Erhard (1988-97), Franz Joseph Strauss (1990-97) et Willy Brandt (1994-97). Pour souligner les Jeux Olympiques de Munich, six pièces commémoratives de 10 DM sont émises en 1972. La dernière pièce commémorative de 5 DM est émise en 1986 et l’année suivante, la pièce de 10 DM prend la relève.

Chose surprenante, les premiers billets de la Deutsch Bundesbank ne sont émis qu’en 1960 en coupures de 5, 10, 20, 50, 100, 500 et 1000 DM. Les types utilisés persistent jusqu’en 1989. On note également l’émission de Bundeskassenschein, des billets de petites dénominations (5 et 10 pfennig et 1 et 2 DM) au cours des années 1960. C’est donc en 1989 que les premiers billets de la nouvelle série sont mis en circulation : 10, 50, 100 et 200 DM. Ce qui est une heureuse coïncidence puisqu’ils ne circulent que très peu de temps avant la réunification. Les nouveaux types des autres coupures (5, 20, 500 et 1000 DM) sont, quant à eux, introduits en 1991, nettement après la réunification.